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Formations de gynécologues haïtiens

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Modifié le: 23/12/2011, 15h02

Lors de notre travail dans la maternité de Petit-Goâve, nos médecins ont identifié au sein de personnel de santé haïtien des manques importants en termes de formation. Certaines pratiques, très courantes chez nous, étaient totalement inconnues en Haïti, souvent faute de moyens.

Médecins du Monde Belgique a mis en place un programme de formations pour les étudiants en gynécologie de l’hôpital Chancerelle (Port-au-Prince). Plusieurs experts belges en gynécologie obstétrique et chirurgie vaginale se sont rendus sur place pour dispenser durant des périodes de deux semaines des séances de formations. Médecins du Monde a également financé du matériel médical afin de garantir une médecine de qualité.




Le Docteur Rosine Lejeune, gynécologue, témoigne de son expérience sur le terrain.

Durant votre séjour en Haïti qu’est-ce qui vous a le plus marqué ?
Ce qui m’avait fort impressionnée, c’est que, sur 40 médecins à former, il n’y avait que trois femmes et que le contact avec le patient est complètement différent. Ils posent beaucoup moins de questions que chez nous.
Ils ne sont pas très attentifs à la stérilité. Or, quand on fait des échographies endovaginales, il faut y faire très attention, surtout en Haïti où il y a un taux de sida extrêmement important.
Le fait qu’ils travaillaient auparavant sans échographe a été déroutant pour moi. Ils n’avaient qu’un minuscule appareil pour 7000 accouchements. Grâce à l’échographie, on a vu beaucoup de pathologies qu’on n’a pas l’habitude de voir. Les malformations qu’on a vues là-bas n’ont rien à voir avec celles que je vois ici. En Belgique, j’en vois de temps en temps, mais pas aussi souvent.

Concrètement, quel a été l’apport de Médecins du Monde ?
Les médecins étaient très contents de nous voir. Mais il y avait beaucoup de travail en termes d’hygiène ou de contact avec la patiente. L’échographe était un instrument totalement nouveau pour eux et ils ne comprenaient pas tout de suite son utilité.
La deuxième semaine, ils ont eu un déclic. Ils appliquaient les règles d’hygiène. Ils arrivaient avec leurs propres patientes et voulaient savoir. Ils ont compris à quoi sert l’échographie. Et c’était ça notre but : leur transmettre l’envie de continuer à faire de l’écho et à faire du dépistage. S’il y a un retard de croissance, il faut référer la patiente à l’hôpital. S’il y a tel autre problème, il faut faire une césarienne. L’échographe leur permet de pratiquer une médecine de meilleure qualité.

Avez-vous une anecdote que vous avez envie de raconter ?
En Haïti, ils ne pratique pas la péridurale pour les accouchements. Dans la salle de travail, une petite pièce où elles sont une dizaine assises sur des petites chaises, elles crient… Je ne m’y habituais pas. Je me disais qu’elles devaient souffrir !
Un jour, j’en entends une qui crie très fort et je dis à mon confrère, le Dr Valerio : « Tu dois y aller, elle va accoucher ! » Alors, il me dit : « Non non non... Ce n’est pas encore le cri de l’accouchement. » Un peu plus tard, elle hurle encore plus fort ; là, il me dit : « Maintenant, c’est bon. Je peux y aller. » En fonction des cris, il pouvait dire s’il était temps ou pas.


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